Une récente enquête Eurobaromètre a montré que moins de 2 % des français ont actuellement un projet de création d'entreprise, ont créé ou repris une entreprise au cours des trois dernières années. Ce taux s'élèverait à 4,5 % en moyenne dans l'Union Européenne et à 13 % aux Etats-Unis.
Les raisons de cette « désaffection entrepreunariale » sont polyformes.
L’une d’elles est sans nul doute la complexité du droit des affaires français. Le rapport au vitriol de la Banque Mondiale « Doing Business » pour l’année 2004 juge en effet ce dernier comme ayant une faible compétitivité.
Il est vrai que notre droit des sociétés, centré autour de la célèbre loi du 24 juillet 1966, a longtemps été comparé à la « belle au bois dormant ». Il a ainsi fallu attendre 1994 pour voir apparaître une réforme d’envergure avec la création de la Société par Actions Simplifiée, complétée ensuite en 1999.
La loi du 15 mai 2001 dite « Nouvelles Régulations Economiques » va ouvrir la voie à une plus grande transparence du fonctionnement des sociétés (deux modes de direction possibles, renforcement de la règle du cumul des mandats, protection des droits des minoritaires, visioconférence…).
L’année 2003 marque certainement une étape importante dans le processus de modernisation du droit des sociétés, avec la loi pour l’initiative économique du 1er août 2003 dite loi « Dutreil ». Les objectifs de cette loi étaient multiples : réduire la complexité du processus de création d’entreprise, faciliter la transition entre le statut de salarié et celui d’entrepreneur et faciliter l’accompagnement des entreprises en cours de création.
En pratique, les principales mesures sont les suivantes :
- la création du récépissé de création d’entreprise,
- l’immatriculation de l’entreprise en ligne,
- la domiciliation du siège social de la société au domicile du dirigeant pendant 5 années,
- la protection du patrimoine de l’entrepreneur individuel,
- la suppression d’un capital minimum pour les SARL,
- le maintien des allocations chômage pendant 18 mois pour le créateur d’entreprise en complément des revenus de son entreprise.
En 2004, le législateur a souhaité orienter son action vers le financement des entreprises.
L’ordonnance du 25 mars 2004 améliore ainsi de façon notable le financement des SARL à deux niveaux : la faculté offerte à ces sociétés de recourir à l’émission d’emprunts obligataires et l’élargissement de la répartition du capital social jusqu’à 100 associés.
Passée presque inaperçue en début d’été, l’ordonnance du 24 juin 2004 révolutionne le régime des valeurs mobilières émises par les sociétés commerciales. Ce texte, composé d’une soixantaine d’articles très techniques, apporte en effet de nombreuses innovations.
La première est la simplification du régime d’émission des différentes valeurs mobilières dites « composées » ou « complexes », en supprimant les catégories particulières de titres (BSA, OCA, titres participatifs…) au profit d’une catégorie unique : les valeurs mobilières donnant accès au capital ou donnant droit à l’attribution de titres de créance.
La seconde nouveauté est la création d’un nouveau spécimen juridique : les actions de préférence. Ces actions sont assorties de droits particuliers, qui peuvent être financiers ou non (aménagement des droits de vote, engagements particuliers). La créativité et l’imagination chères à notre profession d’Avocat vont pouvoir s’exprimer à loisir…
Ces dernières modifications juridiques tendent à prouver que les règles régissant la création et la vie des entreprises évoluent dans un sens positif. Les derniers chiffres de l’INSEE confirment d’ailleurs cette impression, les créations d’entreprises ayant progressé de 21,5% entre le deuxième trimestre 2003 et celui 2004, passant de 51.742 à près de 63.000.
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